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1 an dans ma vie de nomade – premier bilan

journal d'une apprenti backpackeuse : l'echec en thailande

Hey salut, hello, Sawat die kha, hola, bom dia, hallo, dober dan

Depuis décembre 2016, je suis « sdf », j’ai choisi la vie de nomade, sans 1 euro de côté, avec une activité pro absolument pas pratique en voyage et pourtant, en 1 an, j’ai appris à dire bonjour en 6 langues, je suis allée dans 6 pays différents, j’ai pris 13 fois l’avion et j’ai même réussi à ne louper aucun vol (de justesse). Je suis allée, pour la première fois de ma vie, en Asie, j’ai fait mon premier voyage en solitaire et mon premier voyage par la force des jambes sur mon vélo, j’ai réussi à continuer de bloguer sur mes deux blogs, même celui sur la couture, alors que je suis souvent loin de ma machine à coudre, j’ai réussi à voyager sans parler anglais, en étant timide et nulle en géographie. Aujourd’hui, je fais mon bilan de cette première année de nomade.

                            

Bon on fait un petit bon en arrière, le 29 décembre 2016, j’ai quitté Paris, j’ai vidé mon appartement, vendu tous mes meubles à mon propriétaire, j’ai pris mes deux chats, DD et Flocon, d’ailleurs elles ne sont pas ici, mais elles vous font un ronron, je les ai envoyées chez mes parents près de Lille et j’ai déposé mes quelques cartons et mes 3 tonnes de tissu. Paris, j’y ai vécu 4 ans ½, j’y suis arrivée après mes études de mode dans le Nord (cette période, j’en parle par ici). J’ai cherché du boulot, je n’ai pas trouvé, j’ai déprimé, j’ai pris un job alimentaire, j’ai craqué, j’ai fait une rupture conventionnelle et j’ai lancé mon second blog Couture Débutant. J’ai tout donné, j’ai lancé ma marque de patrons de couture , Petit Patron, et bien j’ai recraqué.

J’étais sur les quais de seine dans le 7ème arrondissement, au téléphone avec une copine à lui dire « j’en ai marre de Paris, j’en ai marre de galérer, j’en ai marre de vivre dans 19 m2, j’en ai marre, je me casse ». Elle a ri, moi j’étais sérieuse. Le lendemain, j’ai annoncé à mon frère que je me lançais : « je quitte Paris, mais je ne déménage pas, j’abandonne la vie de sédentaire, je deviens nomade et je voyage ». Quelques semaines plus tard, je suis arrivée chez mes parents, un powerpoint sous la main pour leur annoncer la nouvelle. Ok, ils sont baroudeurs depuis toujours, ils m’ont fait voyager dans toute l’Europe dans le camping-car familial, mais, quand même, j’ai pas d’argent de côté, j’ai même des dettes qui attendent toujours d’être remboursées à la banque papa-maman, j’ai 2 chats, j’ai une situation professionnelle ultra fragile, incompatible avec une vie de nomade et pourtant, ce jour d’octobre j’ai balancé la nouvelle « je me casseeeee ». Ils n’ont pas dit grand chose à part « bon ok on les prend tes chats ». Youhou, ma plus grande peur était de devoir faire adopter DD et Flocon. Bon la petite blague, c’est qu’elles sont un peu casse-pieds et font la loi à la maison maintenant, mais chut hein !

Ce jour-là, j’ai tout balancé, mes projets, mes ambitions, mes rêves et les solutions. A chaque question, j’avais la solution. J’ai tout planifié en 24h. Le jour où j’ai pris la décision, j’ai instantanément su comment j’allais organiser mon départ. Le 29 décembre, je suis donc partie de Paris et 1 semaine plus tard j’étais dans l’avion avec mon frère et ma sœur. On partaient en Thaïlande. 3 ans qu’on en parlaient et moi, j’ai réussi à ne rien préparer ; j’ai ouvert mon premier guide sur la Thaïlande quand on survolait l’Inde après 9h de vol… oui j’ai osé.

Ce premier voyage, je l’ai moyennement vécu, je pense que le changement de vie me stressait et il m’est retombé quand je suis arrivée en Asie, mais j’ai quand même bien mangé, profité du soleil et j’ai visité visité et encore visité et finalement j’ai bien aimé ! Même si je n’ai pas tout aimé en Thaïlande, j’ai bien envie d’y retourner pour me faire un second avis de fille bien plus sereine, parce que, oui, 1 an après je suis quand même sacrément plus sereine, je dirais que j’ai découvert le sens de ce mot. Bon bref, 1 semaine après mon retour de Thaïlande, je suis partie en Espagne à Barcelone. Ma copine Anissa y vit depuis quelques années, elle m’a fait de la place dans sa chambre et j’y ai posé ma valise pendant 1 petit mois. Cette fois, c’était un peu de tourisme et du travail. Ça a été ma première expérience de freelance nomade. J’ai pu voir comme j’allais faire pour gérer ma vie de freelance, ma marque de patrons, mes blogs, tout en étant loin de ma machine à coudre. La révélation est simple : bordel, ça va être galère.

Bon, je suis tombée malade, du coup, pendant 1 semaine, j’ai surtout visité le lit, mais, quand je suis rentrée, je me suis dit « ok maintenant va falloir trouver mon nouveau rythme ». Je me suis posée plusieurs semaines chez mes parents et j’ai travaillé, beaucoup, beaucoup, beaucoup pour préparer les mois à venir. Comme ça, en mai, je suis repartie, cette fois à Lisbonne, avec Anissa, ma copine de Barcelone. On a prévu 2 semaines pour visiter la ville et travailler. Comme moi elle est freelance, rédactrice-traductrice. Pour elle, c’est bien plus simple de voyager et de travailler. Mais rien à faire, je compte bien trouver mon rythme, mon style et mon mode de vie. Lisbonne, c’était l’occasion de trouver un rythme de vie qui fonctionne en voyage comme en France. J’ai mis en place mon rituel, celui qui m’aide à rester disciplinée, à gérer autant de projets en simultané, qui m’aide à faire refroidir le cerveau et qui me rend heureuse (j’en parle dans ma vidéo « Miracle morning en voyage »). Chaque matin je suis allée marcher, une habitude que j’ai depuis très longtemps, et je suis allée méditer face à la mer, un vrai plaisir. Après ça, je suis rentrée et c’était une nouvelle aventure qui commençait.

Comme j’avais totalement changé mes plans, je pensais faire l’Islande,  puis je n’avais pas les sous, je pensais faire le Cambodge en octobre, mais finalement avec la copine avec qui je devais y aller, on s’est dit que voyager ensemble n’était pas une super idée, on a eu l’occasion de tester lors d’un voyage précédent et on s’est rendues compte qu’on avaient des rythmes et des envies trop différentes. Bref, je n’avais plus vraiment de projet mais un rêve secret : voyager à vélo.

J’ai un papa qui roule depuis la nuit de temps, un beau frère ultra sportif qui a fait Amsterdam-Lille à vélo. Moi je fais un peu de sport régulièrement, mais rien de dingue et je me suis dit « moi aussi je vais aller à Amsterdam à vélo ». Quand je l’ai annoncé, on ne m’a pas vraiment pris au sérieux, boarf j’ai l’habitude de me battre contre les avis des gens, quand on se lance en freelance, quand on dit qu’on veut vivre de sa passion, personne ne vous soutient, vos proches vous découragent parce qu’ils ont peur. Alors je n’étais plus à ça près. Fin mai, j’ai commencé à m’entrainer sur mon vieux vélo qui a plus de 20 ans. Finalement, j’ai réussi à convaincre mes proches et mes parents m’ont emmenée acheter un nouveau vélo tout neuf, tout léger et tout équipé pour le voyage. Youhouuuuu !

Fin août, je suis partie, un dimanche de canicule, OVER STRESSE par ce premier voyage en solo et ce premier voyage à vélo. Coach papa était encore plus stressé que moi, du coup, il m’a proposé de faire la première étape avec moi (la vidéo sur mon 1er voyage à vélo est par ici). On est partis à 9h direction Bruges. Il a fait beau, c’était génial. Arrivée là-bas, j’ai monté ma tente et il est parti. L’aventure commençait. Je ne parle pas anglais, je n’ai aucune expérience et bizarrement je n’ai pas peur. Ce premier soir, j’ai papoté avec la famille voisine, mon anglais pourri et moi avons survécu. Pendant 4 jours, j’ai mangé les kilomètres sur les routes de Belgique et des Pays-bas, j’ai fait 90 km de vélo par jour en moyenne jusque La Haye, je n’étais plus qu’à 1 journée d’Amsterdam, il faisait beau presque trop, je manquais sans arrêt d’eau mais le paysage était dingue. Sauf que le dernier matin, je me suis réveillée sous une pluie battante et j’ai décidé d’arrêter là. Rouler sous l’eau c’est nul et je pourrai le refaire. J’ai roulé jusque dans le centre de La Haye, j’ai attendu un bus et je suis rentrée à Lille, fière de cet exploit que je venais d’accomplir. Je n’ai jamais été déçue de ne pas arriver à Amsterdam, mon objectif à moi c’était le défi du vélo, pas la destination. Après ça, je suis repartie à vélo direction Gand, c’était fouuuu, j’ai refait un 100 km de vélo sur la journée, j’ai cru mourir de fatigue à cause du vent mais qu’est ce que j’ai ri. Tous les souvenirs deviennent bons avec le temps et encore plus quand on se surpasse.

Puis là, j’ai été un peu perplexe, nous sommes fin septembre, j’ai envie de partir au soleil, je rêve de faire le Laos mais je n’ai pas encore assez de sous de côté, j’ai pris un peu de retard sur mon travail, mon patron de fin d’année n’est pas prêt oups… J’ai décidé de ne pas partir au Laos. Je n’ai pas assez préparé et, surtout, je dois consolider mes activités pro pour partir sereinement. Du coup, j’appelle ma copine Anissa qui me dit « chouette tu vas pouvoir venir à Barcelone », l’idée n’est pas dingue, j’adore aller là-bas, j’adore Anissa et puis je peux travailler sous le soleil. En octobre, j’ai travaillé comme une dingue pour être prête à partir, j’ai sorti mon dernier patron de l’année et j’ai pris l’avion. En Espagne, j’ai profité du soleil, de la chaleur, de la bonne nourriture et j’ai réussi à trouver un super équilibre entre travail et voyage. Le matin je travaillais, je faisais de la communication pour les différents projets, des recherches, des e-mails, des articles de blog et l’après midi, je partais à l’aventure. Cette fois, je suis beaucoup sortie de Barcelone car j’avais envie de découvrir un peu plus la Catalogne comme je connais bien Barcelone. Je me suis éclatée et j’ai réalisé à quel point j’aime être seule, j’aime voyager seule, j’aime mon nouveau mode de vie et à quel point cette année m’a surprise.

J’ai eu peur mais j’avais besoin d’essayer autre chose, ma vie à Paris ne me plaisait pas, j’avais besoin d’aventure. Je suis une trouillarde qui adore se faire peur. Pour avancer, j’ai besoin de défi, si ce n’est pas un peu difficile, instable ou surprenant, ça ne m’emballe pas. Alors je suis rentrée de Barcelone sûre de mes choix et le jour où j’ai posé le pied en France après 2 semaines au rythme espagnol, j’ai repris des billets pour la Slovénie. Une sombre histoire de newsletter où je dis qu’un jour, il faut que j’aille voir ma copine Camille du blog Cultures Créatives à Ljubjana. Elle m’a envoyé un message « viens quand tu veux », je suis arrivée 1 semaine plus tard. Je me suis dit qui ne tente rien n’a rien, je suis partie alors que je devais travailler, je suis partie sans préparer mais j’ai trouvé des bons plans billets, ma copine m’a fait de la place dans son canapé et hop je suis partie 4 jours découvrir la Slovénie grâce à elle et j’ai adoré ! J’en rêvais depuis presque 10 ans de ce pays, et le fait d’y aller avec quelqu’un qui y vit, de ne pas le préparer, de partir sur un coup de tête a rendu l’aventure encore plus incroyable. Et vous savez quoi ? Le mieux c’est que quand je pars, je ne perds pas d’argent, au contraire tout au long de l’année mes projets se sont installés durablement, je me verse même depuis peu un vrai salaire. J’ai pris des risques et le risque n’est pas que négatif. On risque de tout perdre mais aussi de tout gagner !

Sur cette année, j’ai appris que l’on a finalement tout le temps que l’on souhaite si seulement on lui accorde un peu d’importance. J’ai découvert que j’étais bien plus capable que ce que je pensais, j’ai découvert que mon corps était capable de faire des choses incroyables comme faire 300 km de vélo en 3 jours ½, j’ai découvert que ce n’est pas parce qu’on ne parle pas anglais qu’on ne peut pas s’en sortir, j’ai aussi découvert que les pires situations, comme la fois où un bus a voulu nous emmener en Birmanie contre notre gré, se finissent souvent bien, la preuve on en rigolent aujourd’hui. J’ai aussi appris que rien ne se prévoit vraiment. J’avais fait un planning pour mon année 2017, sur les 5 voyages que j’avais prévus, je n’en ai fait 2. Par contre, j’ai fait beaucoup d’autres voyages encore mieux car ils m’ont surprise. Pour cette nouvelle année, j’ai décidé de ne pas prévoir, sauf les voyages accompagnés. En janvier 2018, je n’ai que deux voyages de prévu, en février je pars fêter l’anniversaire de ma maman à Istanbul et en avril, je décolle en famille pour le Vietnam. Pour le reste, on verra mais, croyez moi, j’ai décidé de ne rien me refuser cette année, puisqu’à chaque fois que je prends un risque, je risque surtout gros et non l’échec.

Si vous avez envie de poser vos questions, n’hésitez-pas à les poser sous la vidéo, je prépare une FAQ (foire aux questions) en vidéo.