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Le bilan agité de mon année 2018

Bilan vie de nomade

Piou, piou, piou la drôle d’année ! Je ne vais pas vous faire le coup de : si surprenante. On ne va pas se mentir, l’inconnu est forcément surprenant. En bien ou en mal mais surprenant ! Plus sérieusement, cette année a été excellente sur beaucoup de points mais je me suis surprise à ne pas bien gérer certains aspects de mon année. Je vous explique ?

Commençons par les voyages

Il y a 1 an tout pile, je faisais ma toute dernière vidéo sur ma chaine Oh et Puis et c’était le bilan de ma première année de presque nomade. J’ai choisi d’arrêter cette chaine ainsi que celle de Petit Patron pour tout réunir sur une seule chaine (Couture Débutant). Je vous parle, sur une même chaine, de couture et de voyage. Je n’arrivais plus à tout gérer et je vous avoue que je ne regrette pas ce choix ! Bon bref !

Pour ma 2ème année post « vie à Paris » je n’ai rien fait comme je l’imaginais. J’ai peu voyagé, j’ai dû abandonner mon tour de France à vélo, je suis loin d’être nomade. Et pourtant… je l’ai bien aimé cette année. Je ne suis partie « que » 5 fois mais chaque voyage m’a marquée.

Istanbul blog voyage

Istanbul blog voyage

Le premier voyage fut Istanbul (dont l’article a disparu à cause d’un connard dont on parle un peu plus bas). J’y suis allée 4 jours, presque sur un coup de tête pour fêter l’anniversaire de ma maman. Elle rêvait de cette ville, moi, pas du tout. Sans elle, je n’y serai jamais allée. C’était en février, hors saison touristique, avec le froid de l’hiver. C’était donc bien loin des images que l’on voit sur Instagram et j’ai adoré. Dire que la ville est calme est un mensonge, c’est une grande ville qui bouillonne mais de ses habitants plus que des touristes à cette période. J’en garde un très bon souvenir et elle m’a donné le goût des pays musulmans. Les mosquées sont sublimes, on y mange hyper bien et en Turquie les gens sont tellement sympas !

Marché de Bac Ha - Nord Vietnam - travel guide

lac de Thac ba au vietnam le plus beau lac de l'asie

Il a fallu attendre avril pour le second voyage. Cette fois, j’ai fait un peu de route pour arriver au Vietnam (voir mes articles sur le Vietnam ici). J’y ai passé 3 semaines, dans un voyage privé organisé par ma famille (j’en parle ici). A ce jour, il est le plus beau voyage de ma vie. J’ai adoré le pays, j’ai adoré les paysages, la nourriture, les gens, les couleurs, l’ambiance… bref j’ai adoré !

voyager à vélo

voyager à vélo

Après ça, j’ai repris le vélo de manière sérieuse. Et c’est fin juillet que j’ai pris mon vélo Ernesto sous le bras (euh ok je suis montée sur la selle) et je suis partie en Angleterre pour une semaine de voyage à vélo entre Brighton, le South Down et l’île de Wight. Piou la claque. J’ai souffert. Je dirais même que j’ai vécu l’expérience la plus dure de toute ma vie. J’avais beau être entrainée, nous étions mal renseignées sur la difficulté et nous avons passé 3 jours de torture, seules (j’étais avec Fanny, ma co-voyageuse à vélo depuis 2 ans) dans le South Down, un parc national anglais fait pour le VTT par les voyageurs à vélo. On a cherché à abandonner le parc par tous les moyens mais, une fois dedans, c’est foutu, il faut aller jusqu’au bout. Durant les 3 jours du parc, c’était torture physique, chutes à répétition, faim car nous n’avions pas toujours de la nourriture au bon moment, pas d’électricité, plus de réseau, pas de douche… à la dure. A la fois, j’ai adoréééééé l’expérience, si j’oublie la douleur physique, et à la fois, c’était vraiment un moment dur à passer.  Je n’avais jamais vécu ça. Devoir pousser un vélo plein à craquer dans une côte avec une pente à 20%, les muscles tendus à leur maximum, la soif (je suis un gouffre à eau et je souffrais quand on ne trouvait pas d’eau pendant plusieurs heures), la fatigue et le corps amoché par les chutes. C’est une fois dans le ferry du retour, après avoir survécu à la traversée du port industriel (un autre moment épique de ce voyage que je dois vraiment vous raconter) que je me suis dit « putain je l’ai fait et je suis fière ».

Un peu reposée, en septembre, je devais partir pour un tour de France à vélo. Maiiis… je ne suis pas partie. La fatigue a eu le dessus sur moi. A 3 semaines du départ, je me suis fait mal à la mâchoire (et j’ai eu très peur comme j’ai été opérée il y a 10 ans, mais tout va bien, ce n’était qu’une petite frayeur), je me suis cassée l’orteil et j’ai dû arrêter brutalement l’entrainement. Le voyage en Angleterre m’a amochée côté moral et l’orteil m’a achevée physiquement. J’ai décidé de ne pas partir, je ne me sentais pas de parcourir mes 2000 km à vélo (+ le train) dans cet état peu serein.

Stockholm blog voyage

Stockholm blog voyage

Je suis donc partie, sur un coup de tête, grâce à des billets d’avion peu chers, à Stockholm. Cette ville ne me faisait pas particulièrement rêver mais une amie, qui a le même goût du voyage que moi, m’a dit « si, tu vas aimer ». Alors je suis partie 4 jours en solo visiter cette capitale si connue. Il a fait un temps sublime, c’était déjà la saison basse, du coup, tout était calme (parfois trop). J’ai adoré. Je ne pense pas que j’y retournerai mais j’ai adoré découvrir cette ville. Ce voyage en solo m’a énormément fait réfléchir sur ma manière de voyager et mes envies. Il m’a aussi déculpabilisé de voyager si peu cette année alors que j’avais prévu une folle année.

Martinique blog voyage

Martinique blog voyage

Enfin, en décembre, après quelques jours à Grenoble, je suis partie pour 2 semaines en Martinique. Ahhhhh je les attendais ces 2 semaines. Cette île, je l’avais faite à 9 ans et j’en gardais un un beau souvenir. J’avais envie de soleil, de jungle et de chaleur pour me retaper après le mois de novembre trop stressant. J’ai adoré la Martinique. Il y faisait entre 27 et 35 degrés chaque jour, nous étions dans le nord de l’île, ma partie préférée car beaucoup plus calme et sauvage que le sud. Nous avons fait tout ce que nous voulions faire, nous avons abusé du rhum, de la piscine privée, de la mer,  des sorties snorkelling au pied du gîte et des routes de montagne magnifiques.

Et puis je suis rentrée faire le bilan de cette année.

blog vboyage vie de nomade

Au boulot sur ma terasse en Martinique

Côté travail, là, c’est surprenant

J’ai réussi à garder la cadence sur ce blog et Couture Débutant. Je suis vraiment contente car j’adore écrire ici, mais cela prend un temps fou et il faut bien gagner sa vie. Ce n’est pas avec un blog que l’on paye ses factures (je casse un mythe peut-être ?). Pour Petit Patron, ça a été une année de développement. J’ai sorti beaucoup moins de patrons que l’année précédente et pourtant tout se porte très bien, on s’est énormément développé. Je dis on car maintenant il y a une équipe qui travaille en freelance avec moi. La première arrivée est Florence du blog Cafeinate qui est la responsable administrative. Elle gère les plannings, l’organisation et la gestion mail. C’est elle qui répond aux mails quand vous avez une question technique et c’est elle qui m’engueule quand je ne tiens pas les délais du planning. Et comme c’est devenu sérieusement compliqué de tout gérer de front: D’assumer le rôle de « chef d’entreprise », gérer les réseaux sociaux 4h par jour, écrire sur les blogs, répondre aux 100 mails qui arrivent chaque jour, développer des patrons, faire les photos, monter les fichiers, mettre en ligne les patrons, assurer la communication et gérer les clients. Et bien Noémie nous a rejoint aussi en juin dernier. Elle prend en charge le développement des patrons, moi je viens bosser sur les pas à pas, la couture avec elle puis je garde la communication qui est ce que je préfère faire. A 3 on dépote mais il a fallu, cette année, former l’équipe, trouver un équilibre entre toutes, apprendre à déléguer, faire confiance et regarder les résultats là où ils se trouvent.

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Noémie au bureau

J’ai adoré avoir une équipe qui s’installe en début d’année et j’ai angoissé en fin d’année. Il y a de plus en plus de responsabilités et de contraintes. Je n’ai plus ma liberté de faire les choses quand j’en ai envie puisque chacun attend le travail de l’autre pour avancer à son tour. Avoir un bureau a permis de faciliter les choses. Florence travaille à distance (coucou Bordeaux) quand Noémie et moi sommes dans le bureau près de Lille. Avoir mon bras droit à côté m’aide beaucoup côté organisation. Et même si c’est encore un peu la pagaille dans ma tête on avance vraiment bien. Sauf que…

Les deux évènements qui viennent tout gâcher

En plus du développement de Petit Patron, les blogs, eux aussi, se sont bien développés. Quand on bosse depuis des années sur un projet, on est tellement fière de le voir enfin reconnu. Ça a commencé par avoir de plus en plus de propositions de collaboration. C’est flatteur mais c’est aussi une sacrée responsabilité. Votre confiance, vous devez la garder auprès de vos lecteurs. Et accepter tout et n’importe quoi est risqué. Si vous décevez vos lecteurs vous perdez tout et ça n’a plus de sens. Il faut donc trier chaque jour les propositions, cadrer les marques qui essaient souvent de vous avoir à coup d’égo bien brossé, il faut respecter les délais, connaitre les lois pour ne pas faire de choses illégales (coucou les gens qui font du sponsoring et ne le disent pas…). Bref, c’était flatteur mais une sacrée charge de boulot en plus (pour pas d’argent heiiiin). Et puis, il y a eu le vrai effet de cette « notoriété » naissante : on me reconnait dans la rue.

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Au boulot même en vacances, je cherche le wifi avec vue

Au début, c’était vraiment amusant. Ça a commencé à Barcelone quand une française expatriée là-bas m’a appelée de l’autre côté de ma rue « Couture Débutannnnnnt c’est toiii heinnn ». Puis une autre, alors que je sortais du lit et j’allais marcher un matin vers 7h qui me dit qu’elle apprend le français en suivant mes vidéos. Il y a aussi cette fille qui m’a reconnue à un bal swing en plein air pile au moment où je m’apprêtais à croquer ma saucisse  (coucou l’élégance de lui répondre la bouche pleine). Puis le plus surprenant a été au Vietnam, à Hué, quand un groupe de 3 jeunes Vietnamiens viennent me demander dans un français maladroit si je suis Oh et Puis. Piouuuuuu la surprise ! Ils partent étudier en France et suivent des blogs français pour se familiariser. Il avait vu dans mes stories que j’étais dans leur ville depuis deux jours et avait reconnu un passage que j’empruntais souvent (juste à côté de mon hôtel). J’ai mis 2 jours à m’en remettre. Après ça, il y a eu l’effet angoissant. On me parle de plus en plus sur les réseaux sociaux, pas toujours de manière sympathique, on m’ordonne de répondre car c’est « mon rôle » (histoire vraie), on me râle dessus en off car je ne publie pas assez souvent, que je ne fais pas assez de vidéos. On me fait aussi énormément de compliments. Chaque jour c’est une quarantaine de commentaires, une dizaine de messages privés, 4 mails qui arrivent sur mon téléphone juste pour m’encourager (merciii). J’essaie de répondre à tous mais le temps me manque alors j’ai dû faire un choix : répondre aux questions uniquement. Puis il y a eu les 1ere rencontres un peu bizarres. Des gens qui me sautent dessus dans les magasins de couture pour dire « toi t’es Couture Débutant je sais » et partent sans rien attendre de plus, ceux qui me montrent du doigt et parlent tout bas à leur voisin en me fixant droit dans les yeux (vous savez que je suis vivante et que je vous vois ?) ceux qui m’interpellent un peu bizarrement en salon à coup « ahhhh ouiii non mais rien en fait » ou « ouai ouai ouai » (je vous promets que c’est vrai). Avec ça les tonnes de questions sur ma vie privée, sur le pourquoi du comment, les tonnes de demandes pour me parler au téléphone, pour devenir votre meilleure amie (je vous jure) les messages « je t’aime » et autres moments un peu déstabilisants et l’angoisse qui vient.

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Martinique

Quand on s’expose sur les réseaux sociaux, on cherche d’une manière ou l’autre une reconnaissance. Quelque soit les motivations, le jour où la notoriété arrive, même si c’est doucement et raisonnablement, c’est angoissant. Nous ne sommes jamais préparés à ça. Cet été, j’ai commencé à avoir peur de tout ça. A me demander si ça valait le coup et surtout à verrouiller toute ma vie privée pour me préserver un peu. Je sais que parfois, ça vous rend dingue quand vous me demandez en commentaire « tu voyages avec qui là? » et que je ne réponds pas mais je crois que pour ne plus avoir peur de tout ça j’ai aussi besoin de savoir que j’ai mon jardin secret pour ne pas être obligée d’exposer mes proches et de me brûler les ailes. J’ai réussi à passer au dessus de ça mais cette année a été rude. J’ai découvert la violence des commentaires sur les réseaux sociaux et l’aspect envahissant de la « notoriété » puis j’ai commencé à me forger une carapace et prendre du recul. J’ai encore du mal sur certains comportements mais clairement je suis bien plus à l’aise. Et j’ai même réussi à être fière de l’article de 4 pages sortie sur moi dans le dernier Passion Couture. J’ai carrément réussi à le sortir au repas de Noël pour le montrer à la famille !

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Un mini weekend 2018 au Pays-Bas

Et puis, l’autre évènement : le crash de novembre

Je ne vais pas faire un mémoire de 100 pages sur cette histoire mais j’ai quand même envie de la raconter. Monter sa boite fait rêver et pour ma part j’adore. Mais on sous-estime énormément la réalité d’un entrepreneur. Quand tout va bien c’est top. Et quand ça dérape c’est votre vie qui défile. En novembre, un connard vexé a décidé de foutre le bordel sur mes sites. Il s’est attaqué à Petit Patron et Oh et Puis. Il a supprimé 4 mois d’articles sur Oh et Puis et a foutu une belle pagaille. Sur Petit Patron, il n’a fait que de la merdouille non grave mais il a foutu le bordel. Résultat j’ai passé 10 jours dans un état de stress à enchainer les crises d’angoisse. J’ai cru que mes 7 années de travail avaient disparu, que j’avais tout perdu, que j’allais devoir tout recommencer (c’est arrivé le lendemain de la signature de mon prêt pour acheter Léon dont je vous parle à la fin) et être dans une merde noire pour gérer ma vie de tous les jours (coucou les factures). J’ai dû découvrir le monde des procédures judiciaires pour savoir comment me protéger, j’ai dû prendre des décisions comme attaquer ou non, trouver quelqu’un pour réparer ce bordel et encaisser une semaine de pertes puisque nous avons fermé les sites le temps de vérifier que rien de grave n’avait été fait. Au final, la casse est vraiment réduite grâce à Florence qui a assuré sur les sites, Noémie et Charlotte qui m’ont aidée à avoir les bons réflexes et qui m’ont amenée des mouchoirs quand j’explosais en sanglots (et qui m’ont emmenée prendre un Happy Meal aussi parce que là « tu en as besoin »). Bref, Petit Patron a été fermé 4 jours donc j’ai perdu 4 jours de vente (et maintenant que j’ai une équipe à payer chaque mois et de grosses charges de gestion de site, coucou le stress) et j’ai perdu 4 mois d’articles sur ce blog (dont Istanbul qui m’a demandé 20h de travail…). Bref, je suis partie en Martinique avec les problèmes résolus mais mon état physique au plus mal. Juste avant de partir, je suis passée chez le médecin car j’étais malade, elle m’a dit « ah oui tout ça ? » et quand je suis allée à la pharmacie j’ai eu un « mais tout ça c’est pour vous ? Ça va madame ? » qui m’a fait rire (je vous rassure je n’ai eu que des maladies à la con comme une angine, de la fièvre…). J’étais KO et arrivée en Martinique la chaleur et la piscine m’ont vite aidée !

blog voyage vie de nomade

J’ai quand même profité des glaces avec coucher de soleil en Martinique

Clairement, je n’ai pas réussi à couper comme j’aurais dû le faire. J’étais sur mon ordi tous les matins et tous les soirs à vérifier que tout tourne normalement, que l’on a plus de mauvaises surprises et savoir si mon équipe s’en sortait mais ouf c’était la fin de l’année !

Heureusement, en même temps que les mauvaises histoires de fin d’année, il y a eu LA bonne nouvelle que j’espérais : Léon arrive ! Je vous explique, à 1 mois, je suis partie faire le tour de France en solitaire (non ok la blague est nulle)  mais plutôt dans le camping-car familial que j’ai largué à 15 ans en pleine crise adolescence. Il y a 2 ans, le goût de la vie en camping-car est revenue comme un boomerang. J’ai commencé à saouler mes proches avec mon envie d’avoir MON van à moi pour parcourir l’Europe. La réalité beaucoup moins rose que celle que l’on voit sur Instagram de la vie en van, je la connais bien et elle ne me fait pas peur.Il restait l’argent à trouver. En septembre, je suis passée par le salon du camping-car pour essayer de trouver ce qu’il me faut exactement (croyez moi, on ne choisit pas au pif son van ou son camping-car). J’avais des exigences et j’ai été très difficile ce jour là. Tellement que je suis sortie de là avec mon conseiller en camping-car (coucou papa) et un seul choix (bon ok pas tout à fait mais je vous expliquerai plus tard). C’est là qu’a commencé la recherche de mon modèle en occasion (j’ai pas 62 000 euros pour acheter le neuf oups). Et je l’ai trouvééééééééé ! Bébé Leon arrive dans quelques semaines dans ma vie ! Je suis tellement impatiente de vous le présenter ! Par contre, pour ceux qui me suivent sur Instagram et savent que j’ai ouvert ses cadeaux de Noël sans lui (oui Monsieur a eu droit à ses propres cadeaux cette année, ma famille s’est emballée avec moi), s’il-vous-plait, ne me balancez pas il va m’en vouloir un max !

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Souvenir du Vietnam

On se retrouve bientôt pour visiter la Martinique et rencontrer Léon ?

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