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Comment je gagne ma vie en tant que « nomade » ?

Comment gagner sa vie en voyage - expérience d'une nomade

S’il y a bien une question que l’on me pose souvent c’est bien celle de savoir comment je gagne ma vie. Comme il faut se rentrer dans une case pour être « acceptée » dans notre société, je me définis depuis bientôt 1 an comme « freelance nomade ». Nomade parce que, depuis le mois de décembre 2016, je n’ai plus de maison à moi. J’ai posé mes cartons et mes chats chez mes parents dans le Nord de la France. Depuis, j’alterne entre voyage et chez eux ou chez les copains. En réalité, je pensais voyager plus que ça mais, lorsque j’ai changé de vie, il a fallu refaire entièrement mon organisation de travail pour, de nouveau, gagner ma vie « correctement ». Et c’est justement le sujet du jour.

Comment je gagne ma vie ?

On va reprendre du début, ça sera plus simple. Donc… moi c’est Margaux, à l’heure où j’écris cet article, j’ai 27 ans 1/2 tout pile (si si j’insiste). Après un bac L, j’ai fait une école de mode, dans le Nord. Même si j’ai totalement adoré ce que j’y ai appris et les amis que j’y ai rencontrés, ces 3 années ont été une sacrée épreuve moralement (et j’en parle dans cette série d’articles sobrement intitulés « J’ai fait Esmod maintenant je vois un psy »).  Après un diplôme de styliste-modéliste, spécialisé en mode masculine, je suis partie à Paris tenter ma chance. Après un stage horrible et 1 année à enchainer les « essais » freelance pour trouver ma place dans le monde de la mode, j’ai fini par entrer dans une jeune start-up pour y dessiner des culottes (moi la fille qui n’aime que la mode masculine…). Je me suis totalement éclatée MAIS je n’ai jamais été payée. Bref, j’ai passé 3 ans à galérer entre mission cool, mais non rémunérée, arnaque et pointage chez Pôle-emploi. Après un passage d’1 an et 3 mois (la précision, j’aime bien ça) en tant que vendeuse et assistante d’une « créatrice de bijoux », j’ai craqué et j’ai dit stop à la vie de salariée. Pour être honnête, j’ai toujours su que je ferais ma vie à ma sauce, que je ferais mon entreprise. A 15 ans, j’ai commencé l’aventure en créant des bijoux et des vêtements (à mon humble niveau d’adolescente) que je vendais sur Dawanda et sur les marchés de créateurs de ma région. Pas de big buzz, mais une sacrée leçon de vie. Après ça, j’ai lancé ce blog parce que je m’ennuyais durant mon stage en 2012. En début 2015, j’en ai eu totalement marre de ma vie de pauvre avec un job qui ne me plaisait pas, j’ai décidé de revenir à mes premiers amors : la création, le blogging et la liberté.

C’est ainsi qu’en janvier 2015, couturedebutant.fr est né. Lui, c’est mon blog bébé d’amour que j’aime très fort. Je l’aime parce que dessus j’y parle de ma première passion, celle que j’ai débuté à 7 ans sans jamais arrêter : la couture. J’avais envie de parler couture et je l’ai fait sur un blog à part pour me donner à 1000% et aussi parce que j’avais bien conscience qu’un blog qui ne parle que d’un sujet a plus de chance de percer qu’un blog « lifestyle« . Depuis que je suis étudiante en mode, je donne des cours de couture, au début en job étudiant, puis, quand j’étais au chômage, c’était une maigre manière de travailler. Durant mes cours, je constatais une chose : on ignore les débutants en couture. Donc, le jour où j’ai lancé mon blog, je l’ai fait pour les débutants. J’aime partager et vulgariser. Je dirais même que c’est là où je m’éclate le plus et là où je suis la meilleure (je parle meilleur dans ce que je sais faire : j’explique mieux que je crée par exemple).

Comment gagner sa vie en voyage - expérience d'une nomade

Là, vous vous dites « mais quand est ce qu’elle va revenir au sujet de l’article, bordel de sa maman ?!? ». J’y viens ! Donc, en 3 mois, le blog s’est fait un petite place dont j’étais fière. Mon job de vendeuse ne se passait plus très bien suite à un arrêt de travail médical. C’était le moment, je me suis battue pour obtenir une rupture conventionnelle (oui parce que dans la réalité on se bat souvent pour l’obtenir sa rupture conventionnelle…). En avril 2015, j’étais donc officiellement libre. J’avais 1 an de chômage devant moi. J’ai tout donné pendant cette année. J’ai bossé comme une folle sur mon blog pour lui donner un nom qui m’aiderait à avoir des missions : animations d’atelier, développer des projets créatifs, donner des cours de couture. J’ai bien bossé, mais, comme j’avais mes allocations qui me sauvaient la mise (quand ça ne buguait pas), je faisais encore le minimum. Puis…en juin 2016, déclic, il ne me restait plus que 3 mois. Le 15 septembre 2016 était officiellement le dernier jour de mes allocations chômage. J’avais deux choix face à moi : tout déchirer, arrêter de se poser les questions et aller au bout de mes projets OU reprendre un job de vendeuse et repartir à la case 0. Dans les deux cas, rien de grave n’allait arriver, mais revenir à 0 ne m’emballait pas tellement (un peu comme aller chez le dentiste un lundi matin je dirais).

Bon un jour de juin (le 14 juin 2016 pour être bien précis), je prenais un thé avec Aurélia, une amie, et je lui ai annoncé que, cette fois, c’était la bonne. Ce projet dont je parlais depuis plus de 3 ans, j’allais le faire pour de bon : lancer mes patrons de couture (ce qui est dommage, c’est que je suis arrivée après la grosse vague de lancement des marques alors que le projet était là depuis 3 longues années…donc, si vous avez un projet, foncez maintenant). On a posé une date de lancement : 15 septembre 2016. Cette date nous plaisait, Aurélia était en vacances et donc pourrait être là le jour du lancement, puis c’était une date symbolique, le dernier jour de mes allocations. Tout l’été on a bossé comme des folles sur ce projet, je ne la remercierai jamais assez pour son aide et son soutien durant cet été de folie. Et le 15 septembre 2016, j’ai lancé Petit Patron. Si vous avez envie de découvrir cette aventure, j’ai fait une série de vidéos pour parler des coulisses du lancement d’une marque. Les 3 premières vidéos parlent de l’avant lancement : Episode 1, Episode 2 et Episode 3.

C’est aussi à ce moment que j’ai décidé de quitter Paris, de vivre une vie de nomade, de profiter et de réaliser la totalité de mes rêves. Bon ça, j’en parlerai dans un autre article, là aussi il y a beaucoup à raconter. Bref, en 1 été, j’ai décidé de lancer mon entreprise, de changer de vie et de continuer à faire grandir Couture Débutant. La première semaine, j’ai vendu pour 300 euros de patrons, vous vous rendez compte ?!? Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, j’étais folle de joie.

Comment gagner sa vie en voyage - expérience d'une nomade

Bref, tu la gagnes comment ta vie ?

Mon premier revenu c’est Petit Patron. Et là, vous allez me dire que çà n’a rien de nomade comme projet. Et bien si, les amis ! Petit Patron, c’est une marque de patron de couture 100% pdf. Donc, je crée un patron sur du papier, quand il est au point, je le recopie sur ordinateur, je couds les modèles pour en faire des exemples, je prépare un pas à pas détaillé (mes patrons sont tous pensés pour les débutants). Puis je crée un fichier pdf. Une fois prêt, je l’importe sur ma boutique, je fais une jolie mise en page et là, j’ai fini de bosser. Quand un client commande, ma boutique envoie directement le patron par e-mail et le client peut déjà coudre. Si j’ai fait le choix du pdf, c’est parce qu’en tant qu’utilisatrice, je préfère le pdf et aussi parce que je voulais absolument m’offrir cette liberté. Si je veux réussir à construire un modèle économiquement viable sans avoir d’argent à investir (car je n’en ai pas du tout, je vous l’ai dit je suis pauvre), il me faut peu d’investissement avant la vente. Si je fais des patrons physiques, je dois donc les faire imprimer, les recevoir, les vendre, les emballer et les envoyer par La poste. Et si je voyage ? Je devrais soit embaucher quelqu’un, mais je n’ai pas les budgets, soit fermer la boutique et si je ferme la boutique, je ne gagne pas d’argent, c’est foutu. Bref, j’ai fait le choix du pdf. Donc, quand je suis en France, chez mes parents, je bosse comme une dingue pour préparer des patrons. Je fais tout ce qui demande du matériel que je n’ai pas en voyage. Quand je suis à l’étranger, comme quand j’étais à Lisbonne par exemple, je fais tout ce qui se fait depuis un ordinateur comme, par exemple, la communication qui m’occupe 50% du temps consacré à Petit Patron.

Mon second revenu, ce sont les cours de couture. J’en fais encore un peu en physique dans la région Lilloise ou quand je repasse par Paris, mais surtout je donne des cours via skype. L’idée est venue après mon voyage à Lisbonne. J’ai logé dans un airbnb tenu par une femme qui déménage souvent de pays à cause de son mari et qui donne des cours de langue via skype, comme ça pas de changement de job à chaque déménagement. J’ai trouvé ça super et j’ai tenté l’aventure pour les cours de couture. Et figurez-vous que c’est top. Donc, pour le moment j’en donne surtout quand je suis en France, mais, quand je pars dans un endroit avec une bonne connexion internet et que j’ai la possibilité de m’isoler, je peux continuer. Par exemple, à Barcelone la semaine prochaine, çà sera possible puisque je loge chez ma meilleure amie, je peux occuper sa chambre quand elle est au boulot.

Ensuite, un revenu qui était minime jusqu’à il y a peu, mais qui commence à grandir, c’est l’affiliation. Je ferai un article précis sur l’affiliation parce que c’est hyper intéressant. Mais, en résumé, je touche une commission sur le montant des achats des personnes qui achètent sur des sites avec qui je suis partenaire. Mes commissions vont de 2 à 10% pour le moment. Il faut savoir qu’on ne me paye pas, ni on me demande de parler d’un produit. Pour vous donner un exemple rapide : si je fais un tuto d’un sac, j’achète (ou je me fais offrir) mon tissu chez la boutique X. Lorsque je fais le tuto et que je le met en ligne, je glisse le lien du tissu en question car on me demande souvent d’où vient le tissu que j’utilise. Si la boutique X a un programme affiliation, je crée un lien sur mesure qui permet à la boutique de savoir que mes lecteurs sont arrivés grâce à mon lien. Et là, je touche une commission. Si mon produit utilisé n’a pas de lien affilié, tant pis je ne gagne pas d’argent, mais je place quand même le lien. Et bien sûr, je ne parle QUE de produits que j’ai testés. Le plus important pour moi, c’est de continuer à faire du contenu de qualité et garder la confiance de mes lecteurs. En sachant qu’on ne touche que très peu d’argent en affiliation, inutile de faire des bêtises et d’abuser des liens.

Enfin, j’ai encore quelques clients qui me font des commandes précises. Je développe des patrons sur mesure pour des marques, j’anime des ateliers. Ces missions sont possibles que lorsque je suis en France. J’en accepte peu car je ne veux pas être coincée par un client qui me demande un projet pour janvier alors que nous sommes en novembre (je ne sais pas encore où je serai à ce moment-là). Je n’accepte que les missions sur un délai court car je sais que je suis en France à ce moment. Elles sont rares, mais quand elles sont là, elles font du bien car, cette fois, c’est un montant qui fait la différence. Par exemple, cette semaine, j’anime un atelier pour l’ouverture d’un magasin de mode enfant. Le client sait que je voyage beaucoup et que je ne pourrai pas en faire tous les mois, mais, justement, ça lui plait d’avoir cet effet de rareté sur mes ateliers.

Comment gagner sa vie en voyage - expérience d'une nomade

Aujourd’hui, dire que je gagne bien ma vie est encore une petite blague. J’en suis encore à mes débuts avec Petit Patron (je dirai environ 300 à 500 euros de salaire pour moi quand j’ai payé mon équipe et mes charges fixes) et l’affiliation n’est pas un revenu régulier, ni important (en ce moment je dirais 100 à 200 euros par mois). Mais, je suis optimiste et surtout j’adore ma vie. En plus, je n’ai plus de loyer (merci papa et maman), voyager coûte bien moins cher qu’on ne le pense en général et le bonheur c’est une richesse folle (si si j’ai osé la phrase bateau parce qu’elle est vraie).

Si j’ai eu envie de faire cet article, en dehors d’apporter une réponse à l’éternelle question du « tu fais comment pour vivre », j’avais envie de vous montrer que, même sur un profil impossible à nomadiser, on peut trouver une solution. Je ne me suis pas demandée « comment gagner ma vie en voyage? Quel profil économique marche ? « . Je me suis d’abord demandée « qu’est ce que je sais faire ? » puis « comment le rendre nomade » et de là, j’ai créé un profil économique viable et original. L’aspect « unique » de ma vie professionnelle m’aide à la développer car je ne fais pas comme tout le monde. Mes lecteurs me suivent aussi parce que le blog apporte un contenu différent grâce à mes voyages et mes clients me suivent dans mes projets pour ce petit goût exotique.

Comment gagner sa vie en voyage - expérience d'une nomade

On me dit souvent « tu as de la chance toi c’est possible ». Mais cette phrase est épuisante. La chance n’existe pas, ça fait des années que je me bats pour que mes rêves existent. On m’a souvent dit que ce n’était pas viable, je n’ai jamais écouté personne. J’ai besoin de défis pour avancer et réaliser mes rêves est une priorité. Ensuite, en sachant que je ne suis rien sans machine à coudre me parait être un sacré obstacle à une vie de nomade et pourtant… si vous saviez tout ce que je prévois de faire. Enfin, tout ça je vous en parlerai un peu plus tard, quand les projet se réaliseront. En attendant, je conclurai en disant : ne réfléchissez pas trop, foncez et vous verrez après. Depuis que j’applique cette méthode j’ai : adopté deux chats adorables que j’aime beaucoup (trop) et qui profitent d’une belle vie à la campagne, j’ai quitté Paris après 4 années à dire que « je déteste vivre là-bas », j’ai voyagé dans 5 pays cette année alors que je n’ai pas un euros de côté, j’ai lancé ma marque de patron de couture, créé l’un des blogs de couture les plus influents de France, je suis partie en solitaire, j’ai fait 350 km de vélo en solitaire en 4 jours, j’ai affronté beaucoup de mes peurs et il ne m’est absolument rien arrivé de grave. Alors, foncez, vous verrez bien si des problèmes arrivent ensuite.

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Et vous, comment faite vous pour vous payer vos voyages ?